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Compte-rendu du séjour de Printemps dans le Perche
17 août 2025
Le Perche a été démantelé par la création des départements en 1792 : l’Orne, l’Eure et Loir et la Sarthe, eux-mêmes situés aujourd’hui dans 3 régions, la Normandie, le Centre Val de Loire, et les Pays de Loire.
En 1995, il retrouve une certaine unité par la création du Parc Régional Naturel du Perche. Beaucoup de biens patrimoniaux, détenus par les fermiers depuis la révolution, ont ensuite été mis en vente à prix attractifs. La vague d’acquisition des manoirs des années 90 a permis à la moitié d’entre eux d’être rénovés.
Nous visiterons (ou traverserons !) quelques sites emblématiques :
. Un coteau calcaire et une tourbière.
. Les splendides forêts de Bellême, Longny, Reno-Valdieu et de La Ferté-Vidame auraient mérité un arrêt, mais nous avons juste eu le temps de les traverser en les admirant !
. Trois cités importantes qui se disputent toujours le titre de capitale du Perche : Nogent-le-Rotrou, Bellême où nous séjournons et Mortagne-au-Perche.
. Trois sites monastiques témoins du grand développement des abbayes : l’Abbaye devenue Collège Royal et Militaire de Thiron-Gardais, l’église Saint Martin de Sainte Croix-du-Perche et le Prieuré de Sainte-Gauburge.
. Trois sites témoins de l’activité agricole du Perche : un élevage de percheron, une cidrerie et l’écomusée de Sainte-Gauburge qui présente les outils et les vieux métiers oubliés du bois (le sabotier, le charron, le scieur…), le travail des fibres naturelles (lin, chanvre, osier) et de la terre (sable, argile).
Le coteau calcaire de la Bandonnière à Longny
C’est un espace naturel sensible Natura 2000, protégé par le plan de gestion 2021-2031. Il réunit un espace d’élevage de moutons solognots et de chèvres des fossés, semi-sauvages, le tout formant un espace conservateur de la flore et la faune. Il est situé sur une pente où affleurent des argiles à silex, puis des marnes crayeuses et le sable du Perche au fond du vallon où poussent les genêts.Sur les marnes ensoleillées on trouve l’orchis bouc et des ophrys, la pimprenelle, la porcelle enracinée et la piloselle aux multiples vertus, toutes sortes de graminées dont la brize amourette, les trois sortes de renoncules (avec un petit exercice d’identification !), le lotier qui nourrit les chenilles des papillons azurés, etc.
L’exemple de la tourbière des Froux à Manou
Un médiateur du patrimoine du Parc Naturel Régional du Perche nous amène à découvrir pourquoi un écosystème terrestre apparu à la fonte des glaciers il y a 11 000 ans est encore vivant aujourd’hui et influe sur le climat.
Les grands glaciers ont laissé place à une multitude d’étangs, lacs et milieux humides permanents au sein desquels, sous l’effet de conditions particulières (faible teneur en nutriments et en oxygène), s’est formée la tourbe par prolifération de plantes sur les berges qui ont peu à peu envahi la surface de l’eau.
Leurs parties mortes riche en carbone s’accumulent en profondeur jusqu’à donner une motte, voire un lit continu qui devient très compact : la tourbe.
Quand les conditions d’oxygène et de qualité de l’eau ne conviennent plus, la tourbière ne fonctionne plus, les plantes s’en emparent mais la tourbe peut rester sous des roselières ou des forêts. Progressivement dégagée de sa couverture forestière, la tourbière des Froux a repris vie : elle est redevenue turbigène (productrice de tourbe) du fait de la présence d’une nappe d’eau sous-jacente permanente et de la prolifération des sphaignes (famille des Bryophytes, comme les mousses). Véritables éponges, elles croissent en retenant l’eau et leur matière organique s’accumule dans l’eau sans se décomposer. Elles sont accompagnées d’une flore caractéristique selon le gradient d’humidité : molinies, linaigrettes, grassettes du Portugal et par endroits, des merveilleuses petites droseras. Ces plantes carnivores capturent les petits insectes grâce à leurs feuilles en raquettes, surmontées de perles gluantes.
Cet écosystème est à la fois un précieux puits de carbone et un régulateur du régime des eaux.
Entre nature et agriculture, le percheron résulte du croisement entre cheval arabe et cheval local
Au moulin du Buat à Saint-Germain de la Coudre, Thomas nous accueille.
Au milieu des prés humides irrigués par la Même, couverts de renoncules boutons d’or, dans une grange remplie de fourrage, il appelle quelques pouliches percheronnes et leurs poulains vaquant dans les prés. Il nous présente ses chevaux à la robe changeante avec l’âge
(noire à la naissance, elle devient grise pommelée), et montre ses relations affectives et joueuses avec des animaux qui peuvent peser plus d’une tonne !
Étant de la sixième génération d’une famille d’éleveurs de percherons, il raconte leur vie, parle de son métier d’éleveur, de sa formation de vétérinaire qui assurera son avenir, de Jeanne, sa compagne, engagée dans le soin des chevaux et de sa ferme, au sein de laquelle sa mère élève une dizaine de vaches.
Les percherons, dont les origines sont soigneusement enregistrées, sont présentés au concours des Haras du Pin. Ils pourront être utilisés comme cheval de trait pour débarder le bois en forêt, pour des concours d’attelage, ou la traction des charrettes et calèches en ville ou bien encore être dressés pour la voltige…
De la pomme au cidre
Visite guidée par Grégoire Ferré , propriétaire exploitant de la « Maison Ferré » à Comblot. Traditionnellement les fermes entretenaient des vergers pâturés pour l’autoconsommation des fruits et la fabrication du cidre. Il y avait des pommiers dans les champs cultivés, différentes variétés suivant les cantons, des milliers d’espèces de pommes.
Ils cultivent plusieurs vergers certifiés bio comprenant de nombreuses variétés, et d’autres espèces de fruitiers et noyers. Soucieux de la bonne santé des arbres, ils pratiquent une taille qui contribue à la bonne aération et au bon ensoleillement. Un pommier qui donne des fruits dès 5 ou 7 ans, pourra vivre 50 ans.
Les pommes sont goûtées, jugées selon les 4 saveurs, leurs arômes appréciés. Soigneusement triées et mélangées pour le cidre, elles sont râpées, la pulpe mise en gâteaux sur des toiles carrées, superposées entre des clayons. L’ensemble pressé à la machine fournit d’une part le jus et d’autre part des résidus donnés aux vaches, ou récupérés pour les usines de méthanisation. Le jus est mis en cuve avec des levures, débourbé peu à peu au cours de la fermentation.
Il est soit mis en bouteille, soit distillé et vieilli en fûts de chêne fabriqués en Charente… avec bien sûr du chêne issu des forêts du Perche !
Si vous êtes l’heureux propriétaire de nombreux arbres fruitiers, sachez que vous avez le droit de distiller jusqu’à 50l d’alcool par an … !
Sur les éperons rocheux calcaires, d’anciennes villes fortifiées dominent :
Nogent-le-Rotrou
Voyons l’histoire. Suite aux incursions Vikings qui remontaient les fleuves et rivières, les premières défenses en bois ont été construites sur l’éperon rocheux de Nogent-le-Rotrou dominant la vallée de l’Huisne et la Normandie. Dès le début du XIe siècle, un donjon fut édifié à des fins militaires. Construit à base carrée
, doté d’épaisses murailles (3,50m à la base) qui se réduisent graduellement d’étage en étage jusqu’à 50cm d’épaisseur à 30m de hauteur. Les murs extérieurs subsistent encore malgré le terrible assaut des Anglais en 1428. Ce château s’est associé à une abbaye issue de l’abbaye royale de Saint-Denis. Administré par les comtes du Perche, particulièrement par la dynastie des Rotrou I, II, III et IV, jusqu’au rattachement au domaine royal en 1227. Les droits des capétiens ont été apportés par Blanche de Castille, comtesse du Perche. Les Rotrou, par leurs alliances avec les familles royales ont joué des rôles importants entre la France, l’Espagne et l’Angleterre. Tous ont participé aux croisades.
Au XVIe siècle, le grand Sully, compagnon d’armes et conseiller de Henri IV, surintendant des finances, voulait se constituer par achat un ensemble seigneurial dans le Perche. Il acquit Nogent-le-Rotrou et ses environs, il transmit sa baronnie à son fils et ses descendants.
En 1779, le comte Pierre Gaspard Marie Grimod d’Orsay, achète à son tour le comté de Nogent-le-Rotrou.
C’est pourquoi on trouve derrière l’église un tombeau-mausolée contenant deux belles statues de marbre blanc de Sully et de son épouse, dont l’épitaphe fut commandée par notre comte d’Orsay !
Bellême
Bellême est une charmante cité construite sur un éperon rocheux. Sur un site gallo-romain, une première église de style pré-roman dédiée à Saint-Santin avait été édifiée en 960 par Yves de Bellême, pour protéger le royaume de France.
Bellême était fortifiée d’un donjon semblable à celui de Nogent et de remparts. Des formidables murailles médiévales
, il ne reste que la chemise du donjon et une partie de l’enceinte dont les deux portes qui encadrent la ville close : la porte Saint-Sauveur comportant un grenier à sel et l’emplacement de la herse, et la porte Saint-Pierre.
Le siège de Bellême en 1229 reste un évènement important : en ce temps-là, la régente du royaume de France, Blanche de Castille, accompagnée du jeune Louis IX (futur Saint-Louis) récupère, au bout de 3 mois, la ville assiégée des mains de Pierre de Dreux comte de Bretagne uni aux Anglais (un joli vitrail dans l’église Saint Sauveur représente le séjour de Saint-Louis à Bellême, enseigné par sa mère au pied d’un chêne). Blanche de Castille a pu alors favoriser la ville qui lui en fut reconnaissante.
Entre ces deux portes, la ville close comporte plusieurs hôtels particuliers et manoirs urbains aux façades élégantes en calcaire blanc crémeux.
A quelques km à l’ouest de Bellême nous visitons le pittoresque village de La Perrière perché sur un éperon rocheux.
L’église dont le clocher du XIe siècle était un élément de défense dépendant de la seigneurerie de Bellême, domine les ruelles en pente bordées de maisons construites au moins en partie de la pierre de roussard(ou roussin ou encore grison) qui lui donne une note noire rougeâtre, due au fer qu’elle contient. L’activité du village était essentiellement liée à l’exploitation forestière.
A la grande époque, la fabrication de rideaux en « filet » sorte de broderie au crochet a donné travail et revenu aux femmes pendant les hivers rigoureux. Elle fait l’objet d’un musée.
Mortagne-au-Perche
La ville de Mortagne apparait au loin, construite elle aussi sur un éperon rocheux. Son nom, initialement Mauretagne, viendrait des Maures venus au Ve siècle. Capitale du Perche avant l’invasion normande, elle résulte de successives constructions et destructions de la motte féodale.
Le fort Toussaint détruit pendant la guerre de cent ans, les remparts et portes fortifiées autour d’une ville haute et une ville basse, ont relégué les tanneries de peau de mouton et le travail du chanvre dans les quartiers périphériques irrigués.
A ses portes on percevait les taxes sur le vin et le cidre.
Nous visiterons deux édifices de cette histoire mouvementée : la spacieuse crypte Saint-André du XIIIe siècle, soubassement d’une grande collégiale démantelée, le cloître Saint-François et l’église attenante bâtie par des charpentiers de marine au XVIe siècle.
Trois femmes en ont marqué l’histoire :
. Mahaut de Bavière, comtesse du Perche en 1202, qui a fait édifier la collégiale Toussaint.
. Marguerite de Lorraine 1405-1463 : elle a vécu à l’Hôtel-Dieu de Mortagne en consacrant sa vie à soulager les malades, avec comme remède surtout du vin plus ou moins dilué.
. Marie d’Armagnac, duchesse d’Alençon, joue un rôle politique avec son mari Jean II. Une légende raconte qu’elle distribuait du pain aux pauvres. Alors que son mari s’en inquiétait, le pain s’est métamorphosé en roses... Elle meurt au cloître de Mortagne-au-Perche en 1473, puis fut inhumée dans la collégiale.
L’église Notre-Dame reconstruite et agrandie après la guerre de 100 ans à l’emplacement de la chapelle seigneuriale du fort Toussaint, possède un vitrail de ces trois femmes remarquables.
Une importante délégation de mortagnais a émigré au Canada au XVIIe siècle suivant Pierre Boucher, fondateur de la Nouvelle France, puis gouverneur de Trois-Rivières. Pierre Boucher est un des ancêtres du pape Léon XIV !
Nous nous sommes régalés du pique-nique…royal (!) d’Amandine dans son magnifique restaurant « Sauge », à Réveillon.
Nous y avons aussi goûté le cidre de la maison Ferré !
Le nom du village de Réveillon signifie poste d’observation.
Situé sur les rives de l’Huisne à 5 km de Mortagne, il est sur la piste cyclable venant du Mont Saint-Michel, allant vers Condé-sur-Huisne.
Dans les vallées, la vie monastique s’est développée au Moyen-âge organisant la vie rurale jusqu’à aujourd’hui :
L’abbaye, puis le collège royal et militaire de Thiron-Gardais
De l’abbaye il ne reste rien qu’une salle de collecte de la dîme qui était fermée lors de notre passage, une salle du monastère où les anciens éléments de charpente ont été récupérés et soigneusement réutilisés.
On y admire aussi la crosse d’un abbé présentée dans le musée du Collège Royal. Il reste une grande collégiale en cours de restauration, le clocher gothique du XVIe siècle, dont le chœur s’est écroulé sous son poids de pierre et de plomb, après que les villageois en aient sapé les fondations pour s’approprier les pierres…
Cependant la guide du musée nous a ravi par son récit de la vie des moines au moyen âge et du devenir des collèges militaires jusqu’à la prise de la Bastille.
A l’origine, au XIe siècle, le moine prédicateur Bernard, abbé de Saint-Savin sur Gartempe, cherchait à devenir ermite en prêchant de lieu en lieu, entrainant de nombreux disciples. Connaissant sa réputation, Rotrou III lui accorde de s’installer dans les marais de Tiron (sans "h", à cette époque !). Bernard a dû les assainir pour y installer un prieuré puis une abbaye bénédictine dont la devise était : ORA et LABORA, prie et travaille. L’abbaye comprenait cloitre, cuisine et réfectoire où étaient respectés jours gras et jours maigres, la salle capitulaire consacrée à la lecture de la règle de Saint Benoit, et la confession nécessaire pour « faire amende honorable pour avoir voix au chapitre », un scriptorium seule pièce chauffée où les moines copistes copiaient 8 à 10h par jour.
Cette abbaye prestigieuse de l’ordre de Tiron, sous la protection des rois de France et d’Angleterre (Rotrou III avait épousé Mathilde, une des filles illégitimes du roi Henri Ier d’Angleterre) a connu une ascension fulgurante sous l’autorité de Bernard. L’abbaye de Tiron a créé quantité de prieurés et d’abbayes, dont 80 abbayes filles en Angleterre.
A la mort de Bernard l’ordre s’est dégradé lentement. Les moines sont devenus riches, fainéants et gras (on disait "gras comme un moine de Tiron").
Au début du XVIe siècle, le régime de la commende remplaça celui de l’élection du prieur par la communauté des moines. Désormais le prieur était nommé à vie par le roi et avait le droit de résider ailleurs et de percevoir les revenus sans intervenir dans la vie monacale. A la suite d’un audit en 1630, des moines « intellectuels » de Saint-Maur remplacèrent les Bénédictins et l’abbaye devint collège pour fils de riches nobles. C’est alors que se construisit le village de THIRON (avec l’h pour se différencier de l’espace monastique) pour héberger des parents d’élèves et les services associés.
En 1776, le collège devint royal et militaire pour recevoir 120 garçons nobles ou non, mais motivés. Il fonctionne jusqu’à la révolution quand l’abbaye est démantelée.
Acquis en 2005 par le département d’Eure et Loir, le collège est laissé à l’abandon jusqu’à ce que Stéphane Bern l’achète en 2012 et en commence la restauration. Un jardin restauré par Stéphane Bern aux abords des bâtiments , parterres bordés de buis préservés de la pyrale du buis par les chauve-souris, rosiers, pivoines… rappelle que les élèves avaient chacun un lopin de terre à cultiver pendant leur scolarité et quittaient le collège avec un greffon !
L’église Saint-Martin de La Croix-du-Perche
C’était la chapelle d’un prieuré fondé par les moines de l’abbaye de Tiron au XIIe siècle. Dédiée à Saint-Martin, elle contient une voûte lambrissée en châtaignier entièrement peinte au XVIe.
On y admire aussi plusieurs statues remarquables, dont Saint-Martin divisant sa cape sur son cheval symbole de la charité.
Sans oublier le très populaire Saint Fiacre patron des jardiniers…
Le prieuré de Sainte-Gauburge
A la fin du XIIe siècle, un prieuré est rattaché à l’abbaye royale de Saint Denis. C’était une petite équipe de 4 à 6 moines mais les retombées considérables de la riche abbaye et les possessions agricoles accordées leur ont permis de se développer et construire à leur tour une abbaye, un cloitre et une grande église romane.
S’y ajoutera dès le XIVe un haut clocher gothique flamboyant. Cette église était dédiée à Sainte Gauburge, prédicatrice d’origine anglaise, qui a fondé sa réputation au VIIIe siècle, haranguant des disciples et guérissant les malades vers la frontière allemande.
A la fin du XVe, le prieur nommé par le pape initie une conversion de l’abbaye : le prieur retire le cloitre et fait construire une tour et un logis style renaissance à deux étages pour y vivre et recevoir.
Des statues sur la façade rappellent l’héritage de sainte Gauburge, patronne des apothicaires : l’un tenant une corne d’abondance ou un pilon, un autre tenant une fiole à urine , face au gouteur habilité à établir des diagnostics de santé…A la vôtre !
Cet ensemble religieux est devenu bien national à la Révolution, qui en fit une ferme exploitée pendant presque deux siècles.
Le Conseil départemental la récupère en 1993, pour abriter l’association du musée des arts et traditions populaires du Perche, qui devint ensuite l’Ecomusée du Perche.
Le Perche nous a séduit grâce à ses richesses patrimoniales et culturelles.
Il est un grand pourvoyeur de ressources alimentaires de qualité.
De nombreux producteurs s’y emploient avec succès !
L’explorer, découvrir son histoire, a parfaitement répondu aux attentes des Abonnais : ce peuple d’irréductibles Essonniens, face aux mutations de notre temps !
Claire, Laurence, Anne et Mireille
© Claude, Mireille, Maryvonne, Marc et Denis pour les photos (mai 2025)













































